Etre à charge de ses parents : qu’est-ce que ça veut dire ?

Être à charge de ses parents :

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Tu as peut-être déjà entendu l’expression “être à charge de ses parents”. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Et à partir de quand n’es-tu plus à charge de tes parents ?

Tu vis avec tes parents (ou avec une ou plusieurs autres personnes), ils prennent soin de toi, t’hébergent, financent tes études, payent tes soins médicaux,… Tout cela représente pour eux une charge, qui leur permet de bénéficier de certains avantages fiscaux. Par exemple, tant qu’ils ont une ou plusieurs personnes à leur charge, ils ont une réduction d’impôts plus importante sur leur revenus. Ils peuvent aussi avoir une réduction de leur précompte immobilier. 

L’Etat considère dans certains cas que tu ne représentes plus une charge suffisante pour que tes parents aient droit à ces avantages. 

Si tes parents vivent ensemble et que tes ressources brutes dépassent 7.272,50 € brut par an, tu ne seras par exemple plus considéré comme “à charge” de ceux-ci. Si tu vis avec un parent isolé, ce montant est de 9.210 € ; et si tu es porteur d’un handicap à charge d’un parent isolé, ce montant est de 10.910 €. 

Les ressources brutes ?
Tes ressources brutes reprennent toutes les entrées d’argent dont tu bénéficies, et qui n’ont pas encore été taxées. Il faut donc prendre en compte ton salaire de jobiste avant qu’on ait enlevé les cotisations sociales. Si tu perçois une rente alimentaire, il faudra aussi l’inclure dans le calcul de tes ressources.

Autre cas de figure : si tu quittes définitivement le domicile familial, tu ne seras plus à charge de tes parents. Si ton départ est temporaire (comme pour aller dans ton kot la semaine, ou si tu pars quelques semaines ou mois à l’étranger pour un projet), tu seras toujours à leur charge. 

Si tu vis toujours chez tes parents mais que tu signes un contrat de travail ordinaire et que ton salaire dépasse 470€ net par mois, tu ne seras plus non plus considéré comme à leur charge. 

Enfin, tu n’es plus à charge de tes parents si tu bénéficies de revenus constituant des charges professionnelles qu’ils peuvent déduire fiscalement (par exemple : si tu travailles dans le commerce de tes parents, le salaire qu’ils te versent constitue pour eux une charge professionnelle).

Quand t’inscrire à la mutuelle ?

Quand t’inscrire à la mutuelle ?

Tu es à charge de tes parents/tuteurs et tu bénéficies des avantages liés à leur mutuelle. Mais tu commences à avoir tes propres revenus et tu te demandes quand tu vas devoir être titulaire de ton propre carnet de mutuelle. Cet article est fait pour toi !

Avant tout chose : qu’est-ce qu’une mutuelle ? (extrait inforjeunes.be)

Assurance obligatoire

L’inscription à une mutuelle est obligatoire. Dès que tu t’inscris dans l’une d’elles, tu bénéficies de l’assurance obligatoire. Cette assurance te permet d’être remboursé(e) des frais médicaux (ex: visites chez le médecin, médicaments, examens médicaux, etc.). Elle te donne aussi droit à d’autres avantages comme le bénéfice de revenus de remplacement en cas de maladie de courte ou de longue durée ainsi que de congé de maternité ou de paternité.

Assurance complémentaire

L’assurance complémentaire est aussi obligatoire mais payante suivant ton âge. Elle existe dans toutes les mutuelles mais les remboursements octroyés peuvent être différents en fonction de celle-ci. Cette assurance complémentaire te permet de bénéficier de différentes interventions telles que la contraception, l’inscription à des clubs sportifs, les consultations chez une diététicienne, les cours d’auto-école, l’achat de lunettes, etc.

Minimum légal?

Tu peux souscrire gratuitement à la CAAMI (Caisse auxiliaire d’assurance maladie-invalidité), qui t’offrira l’assurance maladie obligatoire, sans conditions de souscription d’assurance complémentaire.

Tu as moins de 25 ans

  • Tu es apprenti (CEFA ou IFAPME)
  • Tu es demandeur d’emploi ET tu perçois des allocations familiales
  • Tu signe un contrat de travail ordinaire
C

Tu dois en avertir la mutualité
et t’inscrire comme titulaire

Tu as moins de 25 ans

Dans tous les autres cas

C

Tu restes à charge de la mutualité de tes parents

Tu as plus de 25 ans

C

Tu dois t’inscrire comme titulaire auprès d’une mutuelle

Tu as 25 ans et dois t’inscrire à une mutuelle, comment faire ?

À partir de 25 ans, et même si tu es toujours étudiant ou tu effectues ton stage d’insertion, tu dois t’inscrire comme titulaire. Tu ne peux plus être repris comme personne à charge. Les cotisations seront adaptées à ta situation. La mutualité recherchera avec toi la solution la mieux adaptée à ton cas. Tu auras droit aux remboursements des soins de santé et des médicaments. Tu pourras, sous certaines conditions, obtenir des indemnités pour incapacité de travail. Ces conditions sont notamment d’avoir effectué un « stage » (une période durant laquelle tu ne seras pas couvert) et d’avoir payé des cotisations suffisantes. Ton affiliation devra avoir lieu au plus tard dans le courant du mois où tu auras atteint l’âge de 25 ans

 

Deux possibilités : 

  • Tu t’inscris en tant que « titulaire du Registre national » : tu dois fournir la preuve de l’inscription au Registre de la Population d’une commune et apporter une preuve de revenus. Ces revenus détermineront le montant de ta cotisation ou de ta dispense de paiement de cette cotisation en dessous d’un certain plafond de revenus minimum ; 
  • Tu t’inscris comme « titulaire étudiant », à partir du 3e cycle d’études, supérieures ou universitaires. Tu es déclaré « titulaire-étudiant » sur base d’une attestation de l’établissement fréquenté. Tu devras payer une cotisation trimestrielle à la mutuelle.

4 bons plans pour ne pas toucher aux 475h

4 bons plans pour ne pas toucher aux 475h

Job étudiant

4 bons plans
pour ne pas toucher aux 475h

Tu es jobiste et tu voudrais pouvoir travailler plus de 475 heures sur l’année, sans être soumis aux cotisations sociales ordinaires ? On te donne les 4 secrets pour y arriver, et sans travailler au noir !

Si tu n’as que 30 secondes

Certains secteurs te permettent de travailler plus de 475 heures par an.
Ces 3 secteurs offrent 25 jours de travail supplémentaires sans payer de cotisations sociales :
– le secteur socioculturel
– les secteurs horticole et agricole
– lors de manifestations sportives
Enfin, travailler pour les besoins du ménage donne droit à 8h/semaine sans être taxé

Tu es jobiste, et tu voudrais pouvoir travailler plus de 475 heures sur l’année, sans être soumis aux cotisations sociales ordinaires ? On te donne 4 secrets pour y arriver, et sans travailler au noir ! 

n°1

Travailler dans le secteur socio-culturel

Certains travailleurs du secteur socio-culturel (les animateurs de plaines de vacances, par exemple) peuvent travailler 25 jours par an, sans payer de cotisations sociales. Le contrat sera de type article 17, et donc complètement légal. 

n°2

Travailler dans les secteurs horticole et agricole

Si tu signes un contrat pour la culture et la cueillette des plants de houblon, la cueillette du tabac ou le nettoyage et le triage des ypréaux, tu as droit à 25 jours de travail exonérés de cotisations sociales. Attention, tu dois travailler dans des périodes bien précises.

n°3

Travailler lors de manifestations sportives

Encore une fois, tu as droit à 25 jours de travail sans devoir payer de cotisations sociales, dans le cadre de manifestations sportives. Cela ne concerne cependant pas les sportifs qui participent à la manifestation.

n°4

Travailler de manière occasionnelle pour les besoins du ménage

Faire du baby-sitting, faire les courses pour une personne à mobilité réduite, tenir compagnie à une personne âgée,… Tu as le droit de faire ce type de petit boulot sans être taxé 8 heures par semaine maximum. 

Attention, les travaux manuels (repasser, cuisiner, nettoyer, jardiner, etc.) ne sont pas repris ici. Ce type de travail (en intérieur et en extérieur) doit obligatoirement être déclaré à l’ONSS. 

Top 5 des conseils de jeunes pour choisir ses études supérieures

Top 5 des conseils de jeunes pour choisir ses études supérieures

Top 5 des conseils pour choisir ses études supérieures

Par des jeunes de BAC2, BAC3 et des jeunes diplômés pour d’autres jeunes

Comment faire pour choisir ses études ? Tu es perdu face à toutes les possibilités ? Ou au contraire, tu n’y connais rien, et tu voudrais y voir plus clair ? Infor Jeunes Ath a sondé une vingtaine de jeunes de BA2, BA3, et des jeunes diplômés. Ils te donnent ici tous leurs conseils !

Si tu n’as qu’une minute, regarde cette vidéo !

Conseil n°1

PRENDS TON TEMPS

Choisir ses études, ce n’est pas nécessairement une révélation. Il faut parfois du temps et surtout éviter de te mettre la pression. En appliquant les conseils de ce top 5, tu feras avancer ta réflexion. Évite aussi de te comparer aux autres étudiants, chacun a son propre rythme et ses propres aspirations. Ce qui compte sera de faire un choix pour toi, alors mieux vaut prendre le temps de bien choisir !

Tes études vont durer au moins 3 ans, ce sera donc important que tu y trouves du plaisir, qu’elles t’intéressent et t’enrichissent.

En cours de route, tu te rends compte que tu t’es trompé ? Pas de panique, il existe des possibilités de réorientation ! Et parfois, c’est en se trompant qu’on finit par trouver la formation qui nous convient.

 

Finalement, avant d’imaginer que ce choix est le choix d’une vie, pense d’abord à tirer le meilleur des années qui arrivent. Si tu aimes ce que tu as étudié, nul doute que tu aimeras travailler dans ce domaine. 

Conseil n°2

Discute avec d’autres étudiants

Le meilleur moyen de connaître des études, c’est d’en parler avec ceux et celles qui les vivent. Même s’il ne faut pas oublier qu’un avis ne fait pas office de vérité, ils peuvent être très riches en enseignement. Voici comment entrer en contact avec eux :

sur Facebook

Il existe plusieurs groupes d’entraide entre des étudiants du supérieur et de futurs étudiants. Grâce à un # ou en passant une annonce, des étudiants sont prêts à répondre aux questions que tu poses.

Les Portes ouvertes
et les Cours ouverts

Proposés par les écoles, ils permettent de rencontrer et de discuter avec des étudiants, mais aussi de découvrir les infrastructures et le déroulement de certains cours. Pour connaître les dates, va sur mesetudes.be/agenda

Conseil n°3

Discute avec des profesionnels du métier

Même principe que pour les étudiants, pour connaître un métier, mieux vaut en parler avec ceux qui l’exercent. Parles-en autour de toi, avec ta famille, les parents de tes amis, les amis de tes parents, les personnes que tu rencontres, les professeurs, etc.

Conseil n°4

Connais-toi mieux

Il n’est pas toujours évident de mettre des mots sur qui on est, ce qui nous plait, nos valeurs, nos compétences, etc. C’est pourtant important d’y réfléchir pour choisir des études qui te conviennent. Ces différents outils ne te révèleront pas qui tu es, mais ils mettront sans doute des mots sur ce que tu ressens.

Cursus est un outil d’aide à l’orientation qui te permettra d’identifier les secteurs professionnels qui t’intéressent, en lien avec ton vécu et tes aspirations. A noter : même si le site est créé par l’UCL, le résultat reste neutre et te renverra vers le site Formations du SIEP

Le test des valeurs par portrait de Psychomedia est un test qui permet d’identifier (et de hiérarchiser) les valeurs fondamentales qui définissent tes attitudes et tes comportements. 

 Le Profil RIASEC permet d’identifier tes aptitudes et compétences sous 4 thèmes : tes intérêts, tes activités, tes aptitudes et ta personnalité. 

 le Carnet de projet d’Infor Jeunes Ath est un livret qui permet de mieux te connaitre, de questionner ton projet et de t’aider à avancer par étape dans la réussite de ton projet. Obtiens ton Carnet de projet

Conseil n°5

Informe-toi

T’informer, c’est prendre connaissance de l’ensemble des formations existantes, en restant ouvert sur ce que existe, sans t’enfermer dans ce que tu connais (ou que tu penses connaître). Pour y arriver, voici différents outils :

pour connaître et découvrir ce qui se cache derrière chaque formation (contenu de la formation, métiers associés, compétences nécessaires, etc.), consulte le site formations. siep.be. Pour chaque formation, tu pourras obtenir la liste des écoles qui l’organisent.

pour chercher des études par mots-clefs et trouver directement les écoles qui les organisent, consulte le site mesetudes.be

pour découvrir en quoi un métier consiste, consulte le site metiers.siep.be. Les métiers sont classés par secteur, tu y découvriras une description, l’interview d’un professionel, les savoirs et savoir-faire nécessaires pour exercer la profession, et enfin, les formations nécessaires pour exercer ce métier.

Témoignage – Comment j’ai trouvé la formation qui me convient

Témoignage – Comment j’ai trouvé la formation qui me convient

Témoignage

Comment j’ai trouvé la formation qui me convient

Le choix d’une formation n’est pas toujours un long fleuve tranquille… Florence, 30 ans et originaire de Silly, nous raconte son parcours, ses difficultés, et les moyens qu’elle a mis en place pour finalement trouver sa voie.

Si tu n’as qu’une minute, lis les conseils de Florence

  • Trouve qui tu es, apprends à te connaître, avant toute chose
  • Demande de l’aide si besoin (SIEP, psychologue, coach d’orientation..)
  • Prends le temps dont tu as besoin, réfléchis vraiment, fais des recherches, 
  • Cherche ce qui t’anime, ce que tu aimes. Il y a toujours un métier qui peut aller avec ce qu’on a comme passion ou intérêt
  • Lance-toi, même si tu ne crois pas en toi, que tu as peur, que tu n’es pas sûr à 100%. Tu ne sauras pas si c’était le bon choix sans essayer
  • N’écoute que toi-même. Ne te laisse pas influencer par ceux qui tentent de te dissuader, te décourager
  • Recentre-toi et accroche-toi : c’est ton avenir qui est en jeu, pas celui des autres
  • Si ça te plaît, fais-le. La vie est trop courte pour faire un métier qu’on n’aime pas 🙂

Le choix d’une formation n’est pas toujours un long fleuve tranquille… Florence, 30 ans et originaire de Silly, nous raconte son parcours, ses difficultés, et les moyens qu’elle a mis en place pour finalement trouver sa voie.

Je choisis de commencer la Biologie à l’université car … j’avais discuté avec une biologiste marine au SIEP et que ça avait l’air cool, que j’aimais la plongée sous-marine, et c’est à peu près tout.

Mes secondaires

J’ai fait mes 6 années secondaires au Collège d’Ath, et mon dernier degré en Littéraire-Langues. Je n’ai jamais eu de grosses difficultés, je n’ai jamais dû « beaucoup étudier », mais je m’ennuyais à mourir en classe.

À 17 ans

En rhéto , on nous demande ce que l’on va faire l’année suivante, et je me rends compte que je n’y ai jamais trop réfléchi. Au Collège on nous parle des études de psycho , de médecine, d’ingénieur, de droit et c’est à peu près tout… Avec mes parents, on va donc au salon du SIEP mais ça ne fait qu’augmenter mon doute face à tous les choix qui existent réellement.

À 18 ans

J’ai fini par décider de partir un an étudier les langues pour « trouver ma voie ». Après cette année très enrichissante pour  les langues et ma débrouillardise personnelle (à 17-18 ans, avec mes amis, on traversait le pays et on organisait des voyages entre potes !) , je n’ai malheureusement toujours pas « L’illumination » ..

À 19 ans

Je choisis de commencer la Biologie à l’université car … j’avais discuté avec une biologiste marine au SIEP et que ça avait l’air cool, que j’aimais la plongée sous-marine, et c’est à peu près tout. Mais ma formation littéraire a fait défaut à ces études scientifiques et j’ai arrêté après avoir redoublé ma première.

À 21 ans

Vite, vite, il faut choisir autre chose car c’est la rentrée scolaire : je vais vers des études de diététique car « j’aime cuisiner ». Encore un choix très réfléchi… Je finis ces études, mais sans grande motivation : je trouve les cours intéressants mais je n’aime pas les stages, je ne trouve ni sens ni impact dans ce métier. Je ne me sens pas utile.

À 24 ans

Voilà, je suis diplômée, il faut travailler. Rien grand chose à l’horizon, le milieu diététique est assez fermé ; j’enchaîne les petits boulots : secrétaire, bouchère, et enfin plusieurs longs mois dans l’horeca en tant que serveuse.

Beaucoup de choses m’intéressent et je me retrouve avec une liste d’études que je peux reprendre et qui me plairaient […]. La réflexion dure quasiment un an.

À 25 ans

1er rendez-vous avec une conseillère d’orientation

Durant cette année, je vais voir une conseillère d’orientation au SIEP de Mons, en entretien individuel : je suis complètement perdue, je suis triste, stressée pour mon avenir ; je ne veux pas faire des jobs qui ne me plaisent pas toute ma vie. La seule chose qui me plaît ? L’animation. Travailler avec des enfants. On travaille, on fait des tests, et on parle beaucoup, de mon caractère, de ma personnalité, de ce que je veux, de ce que j’aime, et on parle de mon échec à l’unif que j’arrive enfin à accepter après ces séances.

Verdict après quelques mois de suivi : aucun métier « ne ressort » par rapport à ma personnalité. Beaucoup de choses m’intéressent et je me retrouve avec une liste d’études que je peux reprendre et qui me plairaient, iraient avec mon caractère, ce que j’attends d’un métier et cohérent avec l’avenir que j’imagine… « La balle est dans ton camp, maintenant réfléchis, parle avec des gens du métier ». Mais ce ne sont que des études qui existent en cours de jour : ce qui signifie l’impossibilité de travailler à côté, à part en job étudiant. La réflexion dure quasiment un an.

À cette période de ma vie, je rencontre beaucoup de gens d’horizons très différents, d’origines sociales différentes, des gens qui ne sont que de passage dans ma vie pour la plupart … et tous me disent la même chose : «  Fonce, reprends tes études, la vie c’est long avec un job qu’on n’aime pas. Si tu ne le fais pas tu vas le regretter. »  Je vais faire un petit voyage seule pour me recentrer, et en revenant ma décision est prise ; je vais reprendre ces études, quitte à devoir encore rester chez mes parents car je ne saurai pas payer un loyer et des études.

Ces trois années, ça a été pour moi une révélation : je me sens bien dans ce que je fais, j’amène des approches différentes, j’ai plein d’idées, j’aime les cours, je suis motivée… mais je doute toujours.

À 26 ans

Je m’inscris dans le dos de mes parents dans une petite école de la région, la Haute école de Leuze, pour devenir prof de français dans le secondaire. Je vais suivre les cours plusieurs semaines avec des fausses excuses avant d’oser leur annoncer que j’ai repris une formation.

« – Une formation de combien de mois ? »

« – …De 3 ans… »

Après pas mal d’énervement, ils concluent : « Si tu ne réussis pas en janvier, tu vas travailler » ( alors que c’est moi qui payais mes études !)

Ces trois années, ça a été pour moi une révélation : je me sens bien dans ce que je fais, j’amène des approches différentes, j’ai plein d’idées, j’aime les cours, je suis motivée… mais je doute toujours. Et si je me trompais encore ? Et si je me plante encore ? Qu’est-ce que je vais faire ?

Au fur et à mesure, j’apprends, et je deviens « la bonne élève » de la classe, moi qui ne l’ai jamais été en secondaire. Je tombe sur des maîtres de stage qui me félicitent et m’encouragent dans cette voie, qui me font confiance, qui me laissent appliquer mes idées, et qui me disent « Tu as bien fait de te réorienter, tu es faite pour ça quand on te regarde ».

À 29 ans

Je réussis mes études avec la plus grande distinction. Mention spéciale pour la qualité des stages et du TFE.

Y’a plus qu’à… 🙂

Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

Tout d’abord, un énorme manque d’information sur les formations supérieures existantes quand j’étais en secondaire. On n’en parlait jamais et rien n’était organisé pour l’orientation. Ensuite, principalement de la pression sociale. De mes amis, de ma famille : je reprenais des études alors que tout le monde «  de mon âge » travaillait, n’était plus chez ses parents… Je recevais souvent des remarques piquantes de mon entourage car je n’étais « pas au même stade donc je ne pouvais pas comprendre”, ou “il serait temps que tu travailles après toutes ces études« . Heureusement, d’autres amis bienveillants m’encourageaient.

Sinon, aucune… Quand on est bien dans ce que l’on fait, qu’on est en accord avec soi-même et qu’on reprend confiance petit à petit, tout est plus facile et plus motivant.. 🙂

Quelles personnes/services ont pu t’aider?

Le SIEP du coup, et la psychologue de Mons qui m’a suivie. Je ne sais plus son nom mais je ne la remercierai jamais assez pour sa bienveillance. Et puis tous les gens de passage qui m’ont encouragée et donné confiance en cette réorientation.

Quelle est ta situation actuelle et quelle est la suite de ton parcours ?

Je travaille depuis 2 ans comme prof de français, je n’ai pas de poste très fixe pour l’instant mais je suis heureuse. j’aime donner cours, j’aime les élèves, je ne suis certainement pas la prof parfaite mais je fais ce que je peux, et j’essaye un maximum de rendre l’école amusante et réflexive, car c’est ce qui m’a manqué dans mon parcours scolaire.

J’ai repris confiance en mes capacités, je ne me sens plus « incapable » ou « nulle » par rapport à mes amis. Je continue un Master en cours du soir en même temps que mon travail ; j’ai une petite revanche à prendre sur l’unif ; et je veux m’ouvrir d’autres portes.. Et puis montrer à ceux qui n’ont pas cru en moi que c’était le bon choix…  🙂