Les jeunes et la politique :
une fracture irrémédiable ? 

 

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Le thermomètre de la distance politique :
un froid presque polaire.
 

 

Infor Jeunes Ath a rencontré, de septembre 2018 à septembre 2019, 265 jeunes entre 16 et 23 ans, et a discuté avec eux de leur rapport à la politique.
Entre manque d’intérêt, pessimisme et colère, on peut dire qu’ils en ont une vision assez tranchée.
Pourquoi se sentent-ils si éloignés de la politique ?
Est-ce un décalage ou carrément une fracture ?
Voici quelques éléments de réponse…

Les jeunes ont chiffré, sur une échelle de 1 à 10, la distance à laquelle ils se sentaient par rapport à la politique. Ils pouvaient ensuite préciser, par un commentaire, les raisons de leur choix. Le constat est clair, sans équivoque : sur une échelle de 1 (trés proche) à 10 (très éloigné), prés de 27% des jeunes ont dit se sentir trés éloignés, contre 1,2% très proches.
La moyenne générale est, quant à elle, presque aussi lointaine de la politique puisqu’elle se situe à 7,74 sur 10.
Pour interpréter ces chiffres et expliquer la manière dont les jeunes rencontrés
conçoivent la politique, Infor Jeunes Ath a classé les commentaires en six grandes tendances :

" Les politiciens sont tous pourris "

Le rapport aux personnalités politiques est difficile et ce pour une série de raisons.

Il y a, avant tout, un problème de confiance entre les jeunes rencontrés et les représentants politiques, puisqu’une proportion non négligeable se représente les politiciens comme des menteurs, des manipulateurs, des personnes qui ne tiennent pas leurs promesses, et dont l’intérêt principal est l’appât du gain.

Ces résultats font écho à une enquête de plus grande ampleur, « Génération quoi », qui a fait le pari de dresser le portrait des 18-34 ans en Belgique, mais aussi plus largement en Europe. Ainsi, 48% des jeunes francophones belges sondés assurent ne pas du tout avoir confiance en la politique, 44% affirment que presque tous les hommes politiques sont corrompus et, enfin, 93% pensent que c’est la finance qui dirige le monde. Ces opinions nettement marquées illustrent le climat de défiance des jeunes à l’égard des politiciens.

Au-delà de cette représentation trés négative, il y a aussi un problème d’identification. Un fossé se creuse entre une élite politique et une nouvelle génération qui n’arrive pas à se sentir représentée par des personnes dont le mode de vie semble si éloigné du leur.

Enfin, un sentiment d’invisibilité vient lui aussi contribuer à agrandir la distance entre les politiciens, les jeunes, et les thématiques qui les concernent. En effet, ces derniers ont le sentiment que leur avis n’est pas pris en compte, voire dévalorisé, par les représentants politiques. Cela les laisse penser que « ça ne changera rien ».

"Je ne me sens pas capable d’agir "

Le sentiment d’être capable d’agir ou non et le fait de pouvoir mesurer l’impact de son engagement jouent aussi un rôle essentiel dans la distance que le jeune place entre lui et la politique.

Ainsi, plus un jeune se sent capable d’agir, plus il se sentira proche, et inversément. Certains jeunes ont aussi marqué une distinction entre agir en politique et agir en dehors de la politique, ce dernier étant ce qu’ils privilégient. D’autres se sentent capables d’agir, mais sur certains sujets uniquement (le climat, les enjeux locaux, etc.).

Sur les 265 jeunes rencontrés, une majorité met une distance importante entre elle et la politique. Les facteurs qui permettent d’expliquer cette distance sont multiples, complexes et s’additionnent parfois. Si certains jeunes accusent les politiciens, d’autres vont pointer du doigt le manque de compréhension ou encore le système belge.

Une chose est certaine, pour réduire la distance qui existe, les réponses sont nombreuses. Cela exige néanmoins de chacun, jeunes comme politiciens, d’en prendre conscience et de faire preuve de bonne volonté pour, ensemble, parvenir à réduire cette distance politique.

" On ne comprend rien "

Au-delà de l’image que les jeunes se font des personnalités politiques, il y a aussi un réel problème de complexité.

Les jeunes interrogés nous expliquent être dépassés par le langage très technique utilisé pour parler de sujets politiques. Ils pointent aussi le manque d’explications et d’informations, qui les empêche de suivre l’actualité.

Ainsi, même les jeunes les plus motivés, qui disent avoir fait l’effort de suivre les débats préélectoraux, ont rapidement abandonné, car ils ont eu l’impression que les politiciens parlaient entre eux, entre initiés.

" Ça ne m’intéresse pas "

Il y a aussi tout un aspect lié à l’intérêt ou au désintérêt que les jeunes portent à la chose politique. Étonnamment, nous avons relevé presque autant de jeunes qui se disent intéressés par la politique que l’inverse. Cela montre bien qu’il y a des obstacles entre « avoir envie » et « pouvoir ». L’âge a aussi un rôle primordial : nombre d’entre eux sont trop jeunes ou ne se sentent pas assez matures pour s’intéresser à la politique.

" Je m’y intéresse parce que mon frère est élu "

La famille et les proches des jeunes sont aussi des facteurs importants puisqu’ils vont influencer la distance politique.

Ils permettent aussi de susciter l’intérêt des jeunes. Plus la politique touche directement les jeunes et leurs proches, plus la probabilité d’être informé est grande.
Certains jeunes affirment néanmoins que leur considération ne dépasse pas le stade de l’information.

" Il n’y a rien qui bouge"

Un autre aspect souvent montré du doigt est l’organisation du système belge.

Ainsi, certains jeunes critiquent les logiques de coalition, les couches institutionnelles qui alourdissent et ralentissent la prise de décision jusqu’à donner cette impression de statisme, de lenteur, que « rien ne bouge jamais ». Cela prend du temps, c’est une réalité.

Auteure : Amélie Leybaert
Illustration : Marie Rolet
Sources :
Sondage Infor Jeunes Ath, 2018-2019
Enquête Génération quoi, 2016

L'engagement des jeunes 2.0

Pouvons-nous dire que les jeunes ont complètement déserté la sphére politique ?
Qu’ils ont perdu tout intérêt pour elle ?
Certaines études se sont penchées sur la question, voilà ce qui en ressort.

Discours politique

Pourquoi on ne comprend rien ?

Sortir les jeunes du plâtre :

« On ne nous écoute pas », « on ne se sent pas concerné », « la politique, c’est pour les adultes », « l’avis des jeunes n’est jamais pris en compte »,« on est des pions », etc. Les jeunes ne sont pas tendres envers la politique. Ils se sentent à des kilomètres de ceux qui sont censés les représenter. Comment faire pour réduire cette distance ? Le Code de la Démocratie Locale (CDL), qui organise le fonctionnement des communes, a prévu quelques outils pour y arriver.

Petit tour d’horizon…