JONCTION (Junctus) est une fresque murale réalisée par l’artiste MRBEE entre avril et mai 2025. Elle a vu le jour grâce au soutien d’Infor Jeunes Ath, centre d’information dédié aux jeunes de 12 à 26 ans, ainsi qu’à l’appui de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du cabinet de l’Égalité des chances via le SPF Justice. L’œuvre puise son inspiration dans les voix des jeunes du groupe d’action LGBTQIAP+ d’Ath, les Queer Bee. Mais elle ne leur est pas exclusivement destinée : MRBEE a voulu créer une fresque rassembleuse, qui interroge l’identité sous toutes ses formes, sociale, personnelle, collective, parce que chacun·e peut, à un moment, se poser la question : “Qui suis-je ?”. Ce projet invite donc à une réflexion plus large, ouverte à toustes, sur ce qui nous définit et sur les obstacles que l’on peut rencontrer à être soi. Car il ne suffit pas de dire aux gens “sois toi-même” quand les conditions pour l’être ne sont pas réunies : lorsque l’on ne se sent pas en sécurité dans l’espace public, que l’on ne bénéficie pas des mêmes droits, ou que l’on doit encore lutter pour exister pleinement, alors “être soi-même” devient un combat.

Les pissenlits, que l’on retrouve tout au long de la fresque, sont porteurs de sens : bien qu’ils soient souvent considérés comme des “mauvaises herbes”, ils ont de nombreuses vertus médicinales et nutritionnelles et symbolisent la résilience. L’œuvre contient également un encadré avec une adaptation de l’article 17 de la Déclaration universelle des droits humains : « Toute personne a droit à la propriété et nul ne peut en être arbitrairement privé. » MRBEE en propose une lecture symbolique et puissante : notre première propriété, c’est nous-même. Nul·le ne devrait être privé·e de son identité, même de façon arbitraire. Un autre tableau, orné de barres de comptage formant une chronologie, présente une rose déposée au bord. Elle représente la norme sociale, placée sous cloche, rendue rigide, exclusive, inaccessible.

À l’inverse, les pissenlits (ouverts, libres et multiples) jalonnent le mur pour célébrer la diversité et la liberté d’être. Enfin, des QR codes sont intégrés à la fresque, permettant aux visiteur·euses d’approfondir leur lecture de l’œuvre. Pour celles et ceux qui n’ont pas le temps de les scanner sur place, ils sont également accessibles librement sur notre site internet ici.